Séries Taupe 14

Le Taupe 14 des séries 2012-2013, épisode 6

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Aujourd’hui, deux personnages badass se tirent la bourre en croisant le fer. Et le flingue aussi, un peu. Chacun sa guerre ou son chemin de croix. En cette époque amorale, dont les répercussions ondulent et vibrent jusqu’au terrier de notre Taupe 14, c’est presque en toute logique que le plus méchant d’entre eux remporte la partie de cet épisode…

Justified-Season-3-POSTER4- Justified : Du blues, des balles et des bouseux

Simple en apparence mais si riche de l’intérieur. Calme à ses débuts et pourtant si intense par la suite. Non, on ne parle pas de chocolat mais bel et bien de Justified, création télévisuelle que l’on doit à la chaîne FX, et qui figurait en bonne position dans ma liste de séries à voir. Non pas que je doutais de ses qualités, mais les journées étant encore composées de 24 heures destinées à entreprendre d’autres activités que regarder des séries, faute de temps, je n’avais pas pu la découvrir lors de sa diffusion. C’est donc tardivement, avec le soutien amical de mon camarade Thomas Sinaeve (fervent admirateur et supporter du show), que j’ai fini par enfiler mes bottes aux côtés de celles du marshall Rayland Givens. Parce que c’est cela, avant tout, que raconte Justified: une immersion.

Avant d’être une adaptation d’une nouvelle d’Elmore Leonard, avant d’être une série hybride entre le polar et le western qui raconte le retour du fils prodigue dans sa région natale, Justified est une virée droit dans une Amérique reculée, aussi décérébrée que paumée. Entre deux enquêtes et deux intrigues savamment développées, on y découvre la culture de la chasse au cerf, celle des rednecks et des cabanes dans les bois humides, ou bien la tradition d’un bon verre de whisky se buvant sec avant le déjeuner. On y croise ces habitants qui n’ont rien d’autre à faire que d’exploser des trucs, de tirer sur des bouteilles en verre avec leurs fusils à canon scié, avant d’aller au bar pour noyer leur triste et misérable crasse. Au coeur de cette région rurale où le chômage est le meilleur ami de l’homme, on écoute cet accent du Kentucky si marqué dans sa prononciation, mâchonnant ces dialogues à la longueur faussement amicale, où chacun, du bout de son fusil, se taille une bavette en attendant le moment de dégainer.

Parce que Justified est une superbe pièce d’americana, bien meilleure en subtilité dramatique que ne le sera jamais Sons of Anarchy, la série de Graham Yost (piteusement et tardivement diffusée sur M6) est une oeuvre à découvrir absolument, ne serait-ce que parce qu’elle redonne au folklore sa magistrale noblesse.

3- Breaking Bad (saison 5.1) : Dernier arrêt avant l’Enfer

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Au fond, même en étant un inconditionnel absolu de la série développée par Vince Gilligan, je reconnais publiquement que Breaking Bad a atteint son apogée artistique le long de sa troisième saison.  De manière si démentielle, et tellement intense, que j’en étais arrivé à regarder mon petit épisode hebdomadaire accompagné d’un coussin

1) que j’empoignais lorsque j’étais tendu.
2) dans lequel, une fois l’épisode terminé, je hurlais fébrilement pour évacuer l’adrénaline qui avait irradié tous mes membres.

Inutile de préciser que, à cause de tout cela, j’ai effectué plusieurs aller-retours au Ikea du coin afin de changer d’oreillers; raison pour laquelle, aujourd’hui, mon canapé est encore tout dépareillé. Mais je tricote en dehors des mailles et j’en oublie de revenir à la laine de mes moutons télévisuels. Une fois ces sommets atteints, donc, les montagnes russes qu’ont dévalé Walter White et Jesse Pinkman ont, au long d’une quatrième saison mouvementée, gardé une dynamique endiablée, mais aux embardées moins surprenantes. La première partie de cette ultime saison redresse le gouvernail pour mieux s’amuser à secouer le wagonnet de sensations fortes. On frissonne, on tremble, on se raccroche à ce qu’on peut, tout en étant soumis à l’incontestable maestria avec laquelle Gilligan manoeuvre son récit. Et en redoutant cet inévitable moment où la chute sera la plus dure.

On a souvent dit qu’il y avait du Sergio Leone mâtiné de frères Coen dans les tribulations illégales de Walter White. C’est vrai, et cela saute particulièrement aux yeux dans les derniers épisodes de cette première partie. Mais, surtout, on n’insistera jamais assez sur la dimension critique de ce parcours qui dynamite le rêve américain et son idéal économique libéral, et dont les retombées cauchemardesques s’éparpillent petit à petit, un peu partout, autour de l’ancien professeur de chimie. Depuis, sans doute, Les Soprano, on n’avait pas vu un tel drame, parlant à la fois de l’Amérique et de la déchéance, avec autant de puissance. C’est affreux, inhumain et tout bonnement délectable.

Jeoffroy Vincent

A bon entendeur

A lire

Justified – The Wire chez les ploucs
Breaking Bad – Logiques de l’enchaînement

Le site officiel de Justified

Le site officiel de Breaking Bad

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