Séries Taupe 14

Le Taupe 14 des séries 2012-2013, épisode 7

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Ca y est, nous y sommes. Après six jours passés dans une relative obscurité, voilà la lumière au bout du terrier. Mais avant de sortir pleinement de ce Taupe 14, une dernière phrase de recommandation. Voici venu le temps des révélations et du choix final que vous attendez tous. Celui-ci va (peut-être) provoquer stupeur et tremblements, ou (certainement même) générer déceptions et désillusions; la fameuse expression « Tout ça pour ça » en somme. N’oubliez pas qu’en série comme en toute chose, le monde se divise en deux catégories: ceux qui aiment le final de Lost et ceux qui n’ont pas compris pourquoi ils devraient l’aimer. Remarquez, on pourrait dire la même chose des Soprano.

Quoiqu’il en soit, j’espère que vous avez pris autant de plaisir à suivre l’évènement que j’ai eu à le confectionner. En attendant de recueillir vos réactions enthousiastes (déjà nombreuses via Facebook) ou vos conspuations bileuses, j’ai l’honneur de vous révéler, mesdames et messieurs, les deux dernières séries élues « Over the taupe » par Gammazik pour la saison 2012/2013 :

Utopia2- Utopia (saison 1) : En dehors des cases

Question: quel peut bien être le point commun entre une bande dessinée, un groupe de fugitifs et un fonctionnaire travaillant au Ministère de la Santé?

Comme on sait qu’à ce stade du Taupe 14, vous n’avez plus aucune patience en stock, on vous répond tout de suite: la série anglaise créée et développée par Dennis Kelly mentionnée ci-dessus, et dont vous pouvez observer le petit visuel promotionnel en jaune, là, à votre gauche.  C’est bien simple : rien, mais alors rien ne vous a préparé à Utopia. Utopia ne ressemble à rien d’autre qu’à Utopia, et c’est sûrement pour cela qu’elle se devait d’arriver deuxième sur le podium. Présenté comme ça, sûr que ça ne va pas changer votre vie. Disons donc, histoire de synthétiser cette petite introduction, que la série de Channel 4 est le type même de récit pour lequel moins on en sait, mieux on est surpris. La saison 1 a beau se composer de six épisodes, chacun d’entre eux prend le temps de tisser intelligemment une trame tentaculaire aux multiples fausses pistes, mêlant dans sa belote mythologie, paranoïa et théorie du complot.

Inutile de jouer au plus malin, vous aurez beau croire anticiper chacune des (éventuelles futures) actions, vous finirez comme tout le monde: bouche bée, la mâchoire béante avec un coin de salive sur le côté, prisonnier de surprise pour votre plus grand bonheur. Que dire de plus ? Que la série bluffe également par son magnétisme visuel ébouriffant, jouant la carte du grand angle avec une incroyable radicalité. Et que si elle continue sur sa lancée, nul doute qu’elle sortira en premier du terrier l’année prochaine.

Treme season 3 poster1-Treme (saison 3) : Plus fort que la fiction

Avant toute chose, je tiens à préciser que David Simon n’est pas l’un de mes amis proches et que, non, je n’ai aucune action côtée en bourse chez HBO. Je le dis car mes proches savent- pour leur en avoir parlé à plusieurs reprises et pour en avoir vanté sur le site les mérites à de fréquentes occasions- à quel point je porte aux nues l’oeuvre de l’ancien journaliste de Baltimore, coqueluche mondiale de nombreux sériephiles, et renommé pour l’exigence de ses créations (The Corner, The Wire, Generation Kill).

Cela pourra sembler extrêmement poseur que de choisir Treme comme étant la meilleure série de la saison, mais ce n’est ni pour paraître élitiste ni pour vouloir briller d’une quelconque autre façon. Plus encore que The Wire, Treme incarne toutes les raisons pour lesquelles je regarde et j’aime les séries télévisées. « Incarne », c’est exactement le maître-mot. Je veux dire par là que, hormis ses indéniables caractéristiques plastiques et narratives, la série vibre de toutes parts, et fait vivre ses personnages comme rarement une oeuvre de fiction parvient à le faire. Et ce n’est pas uniquement parce qu’elle dresse le cadre de son récit dans le contexte hautement musical de La Nouvelle-Orléans. Treme n’est pas une oeuvre carte postale qui donne l’envie de vous remettre à écouter du jazz, de tenter une recette de gumbo, ou même de claquer tout votre argent de poche pour aller jouer les touristes en Louisiane.

Plus qu’un manifeste anti-Bush, c’est une ode permanente à l’espoir et à l’engagement. Celui d’être humain. Que ce soit par la musique, la lutte (collective et individuelle), la solidarité et l’intégrité. Entre l’ombre et la lumière. Parce qu’on cherche toute notre vie de spectateur à être partie prenante de ce type d’aventure, il fallait bien une série qui conçoit la vie en sonovision pour conclure fièrement ce parcours.

Hors compétition
(mais susceptibles de l’être) :

Les Revenants, Ainsi soient-ils, Borgen, Real Humans

 Abandonnées, parfois sans pitié, sur le bord de la route
(mais en phase d’être rattrapées en chemin) :

Bates Motel, The Big Bang Theory, Go on, The Good Wife

 Pas (encore) vues donc pas (encore) prises :

Black Mirror, Borgia, Hell on wheels, House of cards, The Newsroom, Revolution, Veep

On ne nous y reprendra pas/plus :

The Following, Last Resort

Jeoffroy Vincent

A bon entendeur:

A lire :

Utopia (saison 1) – L’Humanité et l’illusion comic
Treme- Oeuvre ethnographique de Simon

Le site officiel d’Utopia

Le site officiel de Treme

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