Ah, au fait...et Cinéma

Ah, au fait et Star Trek Into Darkness ?

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C’est sûrement une impression, mais à mon avis Benedict Cumberbatch (au milieu) n’est pas en train de faire l’éloge de la vitre…
© Paramount PIctures

JJ l’amoroso

On peut reconnaître une chose à JJ Abrams : c’est un excellent homme de main. Bon, d’accord, il est arrivé qu’il l’ait eu lourde :  Mission : Impossible 3 était tout de même un blockbuster assez mal fichu, sans réelle patte, calibrée par et pour un Tom Cruise déjà en perte de vitesse. En revanche, Super 8, vrai trip nostalgique estampillé Amblin Entertainment, flirtait joliment et ouvertement avec le cinéma américain des années 80. C’était beau, c’était naïf, et presque troublant tellement ça ressemblait à du Spielberg sans être réalisé par l’intéressé. Mais c’était bien fait. Le wonderboy de la télévision américaine avait-il besoin d’accaparer des modèles pré-existants pour négocier sa transition en CinémaScope ? Franchement, c’était flagrant. Ca l’est encore. Néanmoins, je pense que je n’aurais jamais payé mon billet si le nom de JJ Abrams n’avait pas été associé à cette relecture de la franchise Star Trek. Aparté: je ne sais pas si le créateur de Felicity et d’Alias a songé à en faire une marque déposée mais il devrait. Bref.

Connaissant très mal la série d’origine (elle-même extrêmement méconnue en France d’ailleurs), c’est à peine si je maitrisais les éléments clé de ce mythe télévisuel : l’USS Enterprise, Spock, Kirk, un équipage multi-ethnique et, à en croire certains spécialistes, une allégorie de la paix dans le monde. Oui monsieur, on ne dirait pas comme ça avec ses couleurs fashy et ses costumes en pyjama. Donc, dans mon enfance, j’avais du voir  un ou deux films starring William Shatner et Leonard Nimoy, et dans mes souvenirs de jeune spectateur, j’avais déjà trouvé ça hideux. Mais comme Télérama avait mis un T au film, je me disais que j’aurais toujours un autre argument que celui d’être une victime supplémentaire du marketing. Au final ? Une intrigue bif bof, une réalisation de tire-au-flanc et un rythme coincé en vitesse plan-plan. Au sortir du film, j’avais une raison de plus à ajouter sur ma liste « Pourquoi ne jamais faire confiance aux critiques« .

Néanmoins, à la séance d’hier matin, j’étais dans de bonnes dispositions. Je partais ni pour ni contre, bien au contraire. Je m’en fichais si ce deuxième volet allait être un ratage intergalactique. Je m’en fichais si j’étais au cinéma pour voir encore un film qui ne convaincrait pas sur la 3D. J’étais dans une grande salle, avec une dizaine de spectateurs présents, et j’avais envie d’avoir envie.

Bon. Et alors ? 

Franchement ?
Très honnêtement ?
Eh ben c’est vachement bien. Et je suis le premier à être étonné d’écrire un truc pareil.

La bonne nouvelle, c’est que ce volet ne cède pas à la tendance nolanienne à laquelle toutes les majors veulent se plier (futurs spectateurs de Man of Steel, prenez garde). Star Trek Into Darkness n’est pas aussi crépusculaire que ne l’indique son titre, et ses héros ne sont pas appesantis sous le poids du doute et de la névrose. Abrams n’est pas là pour faire de la psychologie de comptoir. Il considère le spectateur pour un type intelligent. Qui accepte de se mener en bateau vaisseau uniquement si l’action soutient le récit. En réduisant les délires pyrotechniques à leurs stricts minimums, JJ Abrams et ses fidèles ont préféré miser sur l’esprit collégial de l’USS Enterprise; l’ensemble du scénario appuyant la nécessité d’une réflexion commune. Sur ces échanges qui précèdent toute prise de décision avant l’action qui s’en suit. Pour un peu, on se croirait presque dans un film d’aventures politique. J’ai dit « presque ». Comble du comble pour une production à qui on a imposé la 3D, celle-ci est finement exploitée; sans parler du fait qu’elle ne vous donne pas un mal de tête carabiné, le film est deviendrait même un modèle d’utilisation pour le grand écran.

Donc bien sûr que l’on sait que l’on connait l’issue. C’est une évidence connue de longue date: bien idiot serait celui qui parierait contre toutes les côtes d’un combat gagné d’avance. La victoire du Bien contre le Mal est un sujet institutionnel qui compte plusieurs centaines de remakes rien qu’à Hollywood. On n’en révèlera pas plus, si ce n’est que le Mal en question a autant de raisons compréhensibles (je n’ai pas dit valables) que le Bien n’en possède lui-même. Ce qui est cool, également, c’est de voir comment toute l’histoire repose sur une succession de rebondissements attendus mais suffisamment bien ficelés pour qu’on embarque sans broncher. Le film va vite, certes, et dès son introduction. Mais il possède une allure qui sait ménager ses temps forts et ses instants de rupture. Il le faut parce qu’en face, il y a un méchant de première catégorie.  Et je vous garantis que voir Sherlock Benedict Cumberbatch maîtriser le côté obscur de la force, ça vaut son pesant de pop-corn. La mèche folle, le regard dur et pénétrant, l’acteur anglais possède une prestance remarquable qui fait souvent de l’ombre aux troupiers de l’intergalactique. Je ne suis pas un trekkie donc, si le film ne respecte pas le mythe (il ressemble d’ailleurs, et souvent, à un lointain cousin de Star Wars… comme c’est étrange), je n’en ai pas été choqué. Pas plus que je ne l’ai été pour la scène avec Alice Eve, qui a fait couler de l’encre aux Etats-Unis pour sa soi-disant gratuité. Les Américains sont peut-être doués pour l’entertainement de masse, ils resteront toujours chastes.

Alors pour sûr que Star Trek Into Darkness est une grosse machine. Mais sa mécanique possède autrement plus de gueule et d’élégance que tous les Avengers et autres Iron Man XII réunis. Parole.

Jeoffroy Vincent

star-trek-into-darkness-posterA bon entendeur

Star Trek Into Darkness (USA, 2013, 133 min).

Film produit et réalisé par J. J. Abrams. Scénario: Damon LindelofAlex Kurtzman et Roberto Orci, d’après les personnages créés par Gene Roddenberry. Avec Chris Pine : James KirkZachary Quinto : SpockKarl Urban : Leonard « Bones » McCoyZoë Saldaña : Nyota UhuraSimon Pegg : Montgomery « Scotty » ScottJohn Cho : Hikaru SuluAnton Yelchin : Pavel Chekov et Benedict Cumberbatch: John Harrison.

Direction artistique : Ramsey Avery, Steve Christensen, James Clyne, Kasra Farahani, Michael E. Goldman, Andrew Murdock et Harry E. Otto. Décors : Scott Chambliss. Costumes : Michael Kaplan. Photographie : Daniel Mindel. Montage : Maryann Brandon et Mary Jo Markey. Musique : Michael Giacchino ; Alexander Courage (thème original). 

Production : J. J. Abrams, Bryan Burk, Alex Kurtzman, Damon Lindelof et Roberto Orci. Sociétés de production : Bad Robot ProductionsK/O Paper Products et Skydance Productions

Le site officiel de Star Trek Into Darkness 

3 comments on “Ah, au fait et Star Trek Into Darkness ?

  1. Le Star Trek que J.J. Abrams avait fait en 2009 m’avait bien plu (ne serait-ce que pour l’utilisation de Sabotage des Beastie Boys dans les premières minutes du film 😉 ). Cette suite me donnait bien envie et ta chronique confirme ce que je pensais.
    Heureusement que je n’écoute plus les « spécialistes » depuis longtemps : http://videos.lexpress.fr/culture/cinema/faut-il-aller-voir-star-trek-into-darknes_1256904.html
    -_-

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    • C’est marrant parce que sur plein de critiques que j’ai lues, de celes qui notamment avaient aimé le premier opus, beaucoup ont été déçus avec celui-là. Y en a même qui mettent encore The Avengers sur un piédestal, en terme de blockbuster réussi (personnellement je lui trouve un manque d’humour assez pesant), alors que je trouve vraiment qu’Into Darkness surpasse quasiment tous ceux que j’ai vu récemment. Et, de très loin je trouve, son prédécesseur…

      Quant aux « spécialistes », tu sais, c’est toujours bon d’avoir leurs points de vues. Ne serait-ce que pour les égratigner gentiment par la suite 😉

      Sinon, tu as encore un peu de Beastie Boys dans celui-ci.

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  2. HAHA !! Je fonce !! 😉

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