Ma vie en sonovision

Une journée particulière…

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San Vito Sull’Ionio

Aujourd’hui est une journée spéciale. Particulière. Une journée d’anniversaire. Pas la mienne. Donc, stop, inutile de commencer à me chanter le refrain d’une chanson que l’on chante uniquement en ce type d’occasion. Non plutôt celle de quelqu’un qui m’est cher. Quelqu’un qui n’est malheureusement plus parmi nous depuis le mois de novembre dernier. Quelqu’un qui suivait ce blog, assidûment, ainsi que mes nombreuses autres pérégrinations parallèles de petit trentenaire en devenir caressant encore le rêve de devenir apprécié pour sa plume. Quelqu’un qui prenait le temps d’écouter, de charrier, de converser, de conseiller. De partager. Quelqu’un d’infiniment précieux, et qui faisait la différence chez toutes les personnes qui avaient la chance de croiser son chemin. Un père, un ami, un grand frère. Mio Padrino. Il aurait eu 53 ans pile poil aujourd’hui.

Quand j’y pense, je me dis que c’est idiot de penser à l’anniversaire d’un disparu. Humain ou idiot, y a-t-il guère de différence ? On en arrive à se poser en amont la question de ce que l’on va bien pouvoir lui acheter. Comme si le plus important dans l’histoire n’était pas tant le fait d’offrir un cadeau mais le cadeau. Le temps nous apprend toujours que ce qui compte pour l’un n’est pas forcément ce qui compte pour l’autre… Surtout quand rôde la Faucheuse. Mais j’aurais probablement fait ce que tout le monde fait en ce genre d’occasion: passer un coup de fil. Je lui aurais souhaité un putain de bon anniversaire (mais sans aller jusqu’à le lui chanter, il ne mangeait pas de ce pain là). Je lui aurais souhaité de mettre à ce putain de cancer une sévère déculottée, genre jeu, set et match, une bonne fois pour toutes. Histoire de voir pour une fois le physique prendre le pas sur le mental.

Comme d’habitude, on aurait parlé de musique, de cinéma, de séries. Je lui aurais dit que la saison 3 de Treme est superbe, qu’elle fait aimer la vie autant que les séries, et qu’il faudrait qu’il se dépêche un peu de voir la deuxième… Pour que l’on puisse enfin en parler. J’aurais d’ailleurs enchaîné ainsi:

« Tu as vu, au fait, Gandolfini est mort ? »

Du coup, on aurait parlé des Soprano. Mais un petit temps seulement. Comme un prétexte pour dériver ensuite vers l’actualité et la politique. Vers nous, et le reste du monde. Et tenter de répondre à ce qui demeure sûrement LA grande question de ce début de siècle: « Ce monde est-il encore susceptible d’être changé ? Et si oui, comment ?« . Mon Parrain aurait répondu qu’il faut se bouger le cul. Ne rien lâcher, jamais se résigner, se battre pour nos valeurs. Les transmettre aux plus jeunes, les rappeler aux plus anciens.  S’inspirer du panache de Cyrano de Bergerac pour continuer à se regarder dans la glace sans avoir de honte ni de regrets. Puis on aurait changé de perspective. On aurait évoqué l’idée de se retrouver, pour passer du bon temps ensemble. A boire du vin, ou une bonne bière, ou un espresso bien corsé au goût de cette Italie qu’il aimait tant. Le tout sous les rayons d’un soleil fraternel, bienveillant, complice, qui sait accompagner quand il le faut ces moments dont on ne réalise que plus tard qu’ils sont essentiels. Oui, on aurait parlé de tout ça. Pour se rappeler que le bonheur n’est que meilleur lorsqu’il est partagé.

Dans mes rêves, je continue ces conversations. Et, dans les méandres de mon cerveau qui me projettent des réminiscences de souvenirs passés, il y a toujours cette musique en fond sonore. Cette musique qui évoque sans le nommer ce désir qu’on a chacun en secret. Celui de revoir, ne serait-ce qu’une fois, tous ceux qui manquent à l’appel désormais.

Jeoffroy 

pour Anne, Tosca, la tribu de Ranguevaux et ceux qui restent

2 comments on “Une journée particulière…

  1. marie-claude

    Merci Jojo pour ce billet si émouvant…
    mc

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  2. Henrion

    Grazie mille Jojo, son absence fait  » iech »…et bien plus encore.Quel vide après tout ce plein, que la remontée est rude………….. l’Amour qu’il a su tisser entre les Amis est FORT et UNIQUE, irremplaçable…et salvateur. Je n’oublie pas non plus de l’aimer, encore , cet Ami, ce « père » , ce frère….. »mon »René,j’ai eu cette chance de te connaître.
    Nous espérons bien te revoir bientôt parmi nous Jo, auprès de notre chère Anne,ce sera jour de fête…..
    Lau

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