Les invités de Feuilletoon

Conversation avec Stéphanie Berrebi

Depuis 2004, Francofans est un bimestriel qui défend bec et ongles toute la pluralité de la chanson francophone actuelle. Avec une rédaction majoritairement composée de bénévoles, le magazine dresse, au fil de portraits, d’interviews et de multiples chroniques, un panorama complet et d’une richesse sans équivoque sur ces artistes qui, via l’autoproduction, les labels indépendants et les majors, forment une ruche foisonnante où nos deux oreilles ont de quoi s’aiguiser jusqu’à la fin des Temps. Aux côtés de Christian Chagot, le fondateur, et Benjamin Valentie, rédacteur en chef, Stéphanie Berrebi œuvre donc en tant que journaliste et chargée de communication depuis douze ans au sein de cette aventure qui ne ressemble à nulle autre. Entre l’organisation des soirées Francofans, le tissage de son réseau pour soutenir l’activité du magazine auquel elle apporte également sa plume, Stéphanie s’avère aussi être une sériephile passionnée qui aime les personnages de fiction comme les gens dans la vraie vie. Rencontre.

A quel âge êtes-vous tombée dans la marmite des séries ?

J’y suis tombée très jeune, autour de six ou sept ans avec Hélène et les garçons. Je suis de la génération du Club Dorothée et je suppliais mes parents pour qu’ils m’enregistrent la série à chaque fois que je me rendais à mon cours de danse. Dans un autre registre, Code Quantum est l’autre série qui m’a beaucoup marquée.

Que représentent-elles pour vous, dans votre quotidien et dans votre parcours de vie ?

Peut-être une forme d’addiction ? Je fume, je mange du chocolat et je regarde des séries. Par exemple, je peux me faire tout un dimanche après-midi à ne faire rien d’autre que cela. Je pense que c’est davantage un lien familial: comme mes parents avaient le câble, j’ai donc très vite commencé à regarder les séries en VOST, grâce à Canal Jimmy et Série Club. Et puis, avec mon frère, on regardait Les Contes de la Crypte en cachette, j’étais terrorisée par le squelette.

Je regarde très peu de films parce que les séries utilisent un format qui me parle plus, ne serait-ce que pour prolonger la durée des choses et explorer la psyché des personnages. J’ai d’ailleurs une tendance à m’attacher à eux très facilement. C’est simple: lors de ma dernière rupture, je me suis à nouveau fait l’intégrale de Friends. Et cela m’a fait un bien fou. Lorsque l’on regarde une série, on vit au rythme des personnages et, dans le cas de Friends, quelqu’un comme Rachel Greene connait en dix ans un parcours incroyable.

Les filles de Sex and the city (c) Nigel Parry/HBO

Y a-t-il eu des séries qui ont participé à votre manière d’être et de comprendre le monde ?

C’est la somme d’un tout. J’aime les séries qui me disent que le monde est nuancé et plein d’ambigüités. Il y a eu des déclencheurs, c’est sûr.  Les Soprano, qui présentent un personnage pour aborder la nature humaine dans son entier ou Breaking Bad, qui prend la figure d’un homme qui devient dealer pour soigner son cancer. Mais si j’avais à en citer une, je choisirais Sex and the city, qui abordait – par des dialogues très osés qui cassaient l’idée prude qu’une femme, par exemple, ne se masturbait jamais – une multitude de choses sans tabou. C’est une série qui, lorsque j’avais quinze ans, m’a beaucoup appris au sujet de la sexualité féminine.

Olive et Tom / (c) TV Tokyo

Une série de votre enfance que vous redoutez de revoir adulte :

Hélène et les garçons ? Sans rires, j’étais très fan d’Olive et Tom étant enfant et, lors d’une rediffusion sur France 4, j’ai trouvé cela tellement horrible et long ! Mais dans l’ensemble, je garde une forme de bienveillance à ce qui lie à l’enfance, même lorsque je regarde Madame est servie.

Y a-t-il eu une série que vous avez aimé et pour laquelle vous n’auriez jamais pensé être intéressée ?

Grey’s Anatomy. Je n’aurais jamais imaginé un jour pouvoir aimer cela tellement ces « Je t’aime moi non plus » ont tendance à me fatiguer. Et, en fait, les premières saisons et leurs manières d’aborder le romantisme sont bien fichues.

Quel serait le classique, encensé par tous et considéré comme un incontournable, auquel vous n’adhérez pas ?

Le Prisonnier ou Mission : Impossible. Globalement, toutes ces séries antérieures à ma naissance, je ne les ai jamais vraiment regardées. En revanche, je suis actuellement et totalement hermétique à Game of Thrones.

Si vous aviez à choisir un artiste ou un groupe de chanson pour développer un projet de série, qui choisiriez-vous ?

La colle…(Elle réfléchit). Didier Wampas peut-être ? Non, je choisirais Gaétan Roussel. Pour sa gueule cassée. Dans une version française de Breaking Bad.

Alicia Florick (Julianna Margulies) dans The Good Wife/ (c) CBS

Si vous pouviez être un personnage de série, vous seriez…

Alicia Florick de The Good Wife. Alors bien sûr son cabinet d’avocats gagne très souvent mais les sujets d’actualité sont excellemment traités et réussissent à mettre en lumière beaucoup de choses. Et j’aime cette femme qui reste derrière puis qui sort du code imposé, c’est une belle émancipation.

 

C’est la fin du monde. Vous avez la possibilité d’envoyer dans l’espace l’intégralité d’une série pour laisser un souvenir et une trace notable de l’Humanité. Laquelle choisissez-vous ?

Friends, évidemment ! Pour laisser la preuve d’un peu d’humour dans un monde où chacun se déteste.

 

PLUS D’INFORMATIONS:

Le bimestriel Francofans est en vente dans tous les bons kiosques de France et de Navarre ainsi que sur abonnement.

Les soirées Francofans sont organisées en partenariat avec Le Terrier Productions à la Salle des Malassis de Bagnolet (93).

Le site officiel du magazine

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