Séries Stranger Things

Stranger Things – Pop corn et madeleines

Au départ, il y a cette bande-annonce. Déjà bourrée de clins d’œil aux années 80. Et puis cette promesse de retrouver Winona Ryder, ancienne égérie du cinéma américain des années 90, dont la performance au sein de la série développée par les frères Duffer sera, suite à sa diffusion sur Netflix, particulièrement raillée sur les réseaux sociaux.

(c) Netflix

En ce début d’été 2016, il n’y a pas cette effervescence critique un peu folle qui entoure et accompagne les nouvelles sensations du moment ; sachant qu’avec Netflix, et leur volonté de proposer tous les épisodes en une seule fois, l’expression « du moment » ne veut plus dire grand-chose. Il n’y a donc plus de saison puisque la notion même de saison, de diffusion hebdomadaire, est implosée. Il n’y a plus de perception du temps. Et s’il y a bien une série à laquelle tout ce concept sied à merveille, avec son principe de monde inversé et le souvenir enfantin, chéri, d’un cinéma pop corn des années Donner, Dante, Zemeckis, Carpenter et cie, c’est Stranger Things. Face à une Game of Thrones, qui entame alors sa sixième année d’existence, et en attendant l’arrivée de Westworld dont HBO orchestre savamment le lancement, le public et la presse s’amourachent d’un exercice de style que personne n’attendait vraiment, signé par de complets inconnus. Tant et si bien que l’on peut reconnaitre le flair admirable du provider aux cent millions d’abonnés: celui d’avoir sorti son blockbuster « à temps », c’est-à-dire sous une aura estivale et nostalgique.

Tel est Stranger Things : une série cinématographique et littéraire pop, un miroir de références parfaitement assumées, et égrenées comme une suite de pistes narratives qui permettent au spectateur de faire écho avec son propre imaginaire. Le format est en Scope, la pellicule travaillée dans le même ton granuleux que les productions Amblin chères à Steven Spielberg, le générique rappelle autant Stephen King (par la police des caractères usitée) que la série de films Amityville dans laquelle la maison n’est plus un havre de plaisance et de sécurité mais un espace vivant, terrifiant, où le danger surgit bel et bien de l’intérieur. Jouant tous les soirs à Donjons et Dragons, les cinq gamins de la petite bourgade d’Hawkins traquent le Demongorgon au coin de leur rue. Ils s’aventurent sur le terrain de la réalité comme le faisaient le Club des Cinq d’Enid Blyton, les Goonies, le gang de Stand by me ou la bande du Eliott de ET à l’époque. Sur les mêmes vélos, avec les mêmes habits et avec la même répartie un peu ringarde, pataude mais sympathique.

A l’instar du polar, le fantastique a toujours été un genre utilisé pour aborder les peurs et obsessions des auteurs qui s’y aventuraient. En dehors, donc, d’un enrobage visuel particulièrement choyé, les frères Duffer abordent pêle-mêle des thèmes périlleux, qui touchent en premier des adultes pas toujours bienheureux depuis qu’ils ont délaissé le terrain de l’enfance: l’absence, le deuil, la peur, la disparition, le divorce, l’alcoolisme, la dépression, la solitude. Parce que si Winona Ryder a été (à tort) raillée pour son interprétation jugée pleurnicharde, David Harbour est parfait en Jim Hopper, policier divorcé, bougon et déprimé, qui dort sur son canapé puis se brosse les dents et s’enfile un godet d’alcool avant de partir au travail. Pour un peu, c’est lui qui vole la vedette au quintet de gosses effrayés mais téméraires, pourtant irréprochables dans leur partition. Et si l’on se sent un peu bousculé par un final légèrement précipité – les Duffer ne sachant s’ils ne pouvaient clôturer leur histoire ou poursuivre avec une nouvelle saison- c’est avec un grand plaisir que l’on s’installera confortablement dans notre canapé pour suivre la suite des gentilles péripéties de ces héros en herbe. Sortis du passé, certes, mais terriblement attachants.

🙂 🙂 Stranger Things (Netflix, USA – 1 saison, 8 épisodes- 2016, toujours en production)

Le site officiel de la série

La saison 2 de Stranger Things est disponible sur Netflix à partir du 27 octobre 2017. Elle a d’ores et déjà été renouvelée pour deux saisons supplémentaires.

0 comments on “Stranger Things – Pop corn et madeleines

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :