L'épisode où Séries This is us

This is us (2.8) – Number one

L’épisode où Kevin Pearson se laisse pousser la barbe et où tout le monde pense que c’est pour un film…

Voici Kevin Pearson: un homme au bord de la route de sa propre existence. La trentaine bien tassée, les cernes installées sous des yeux fatigués par trop d’excès d’alcool et de médicaments lourds, Kevin Pearson ne sait plus trop où il va ni très bien ce qu’il fait. Ou compte faire d’ailleurs, car c’est à peine s’il se souvient d’avoir répondu présent à l’invitation de son ancien lycée à lui remettre une récompense en mains propres. Élève doué, athlète prodigue promis à une brillante carrière de footballeur américain, Kevin Pearson est exactement le type d’individu pour laquelle l’image qu’il souhaite parfaite, et qu’il s’efforce parfaitement de renvoyer, prime davantage sur le fond de sa personnalité. Tant et si bien qu’il nous est vite facile de pouvoir le cerner: propret, coquet, un peu gauche, beaucoup charmeur, capable de recoller les morceaux aussi adroitement qu’il n’arrive à les briser. Car c’est surtout cela Kevin Pearson: un homme peu sûr de ses talents et dont la confiance en soi n’arrive jamais vraiment à prendre son envol tant elle est souvent stoppée net dans son élan. Un héros glamour tel que l’Amérique et le public aiment, sans cesse déchu de son propre piédestal.

THIS IS US — « Number One » Episode 208 — Pictured: Justin Hartley as Kevin — (Photo by: Ron Batzdorff/NBC)

Premier segment d’un triptyque consacré aux Big Three (Kevin, Kate et Randall) avant l’intersaison, Number one est non seulement le plus réussi du lot mais également l’épisode le plus touchant de cette nouvelle deuxième saison de This is us. Depuis ses débuts, le mélo choral et lumineux diffusé par NBC a toujours réussi à tirer profit de points de départs éculés qui ailleurs, avec une autre plume, une autre mise en scène ou un autre casting, seraient raillés pour leurs risibilités. Comment ? En allant à bras le cœur sur le terrain du danger que représentent souvent « les bons sentiments » et en les soulevant avec une délicatesse et une sensibilité communicative, en usant même du décorum musical (folk ou minimaliste) pour soutirer l’émotion au plus profond de nous-même.

Number one est en un parfait exemple. Le postulat de l’histoire n’est rien d’autre qu’un homme qui rentre au bercail et qui fait bon an mal an la somme du chemin parcouru. Tout y est, rien ne manque, de la visite du lycée en passant par les vieux démons qui ressurgissent, de la détresse noyée dans l’alcool et dans les bras d’une inconnue en ce même soir de cuite. On pourrait se dire que le coup du retour n’est pas neuf. Il est vrai qu’on la connait cette histoire. On l’a déjà vue, lue et entendue des milliards de fois. Surtout entrecoupée de résurgences d’un passé douloureux à plus d’un titre. Mais cela fonctionne parce qu’elle est narrée avec application, soin, et qu’elle s’efforce toujours de paraitre la plus juste dramatiquement. Dans cet épisode, Kevin est donc totalement mis à nu, renvoyé à son premier choc qui va le dévier de sa prometteuse trajectoire. Déboussolé par l’alcool et l’impossibilité de communiquer vraiment (une récurrence, d’ailleurs, qui touche beaucoup de personnages de fictions américaines), Kevin erre dans sa ville natale sans être dupe de sa personne et en sachant pertinemment qu’il fonce dans le mur. Le voir déambuler dans le couloir du lycée et passer devant toutes ces personnes qui l’acclament et le vénèrent sans que celles-ci ne réalisent que l’acteur est hagard est touchant. Vraiment. Parce qu’on ne s’apitoie en aucun cas sur cette étoile brisée. Parce qu’on désire vraiment le soutenir dans ses conflits. Lui dire ce qu’il a envie d’entendre depuis un bout de temps maintenant. Que cela va aller.

On savait que les scénaristes en avaient sous la semelle pour ce personnage autrefois esquissé, attachant mais sans en posséder encore la profondeur espérée, à l’instar d’un Randall, d’un Jack ou d’une Becca. Plusieurs fois, on pressentait, dans sa manière d’amener de la sincérité au travers d’une partition à la limite de la caricature romantique, que Justin Hartley en avait sous la semelle. Nul doute que son monologue sur le terrain figurera parmi les moments les plus forts de la série. Et nul doute que cette saison est bien partie pour être la sienne.

🙂 🙂 This is us Number one, saison 2 épisode 8 (NBC, USA, 2017)

Épisode diffusé le 14 novembre 2017. Disponible sur myCanal.

Le site officiel de la série

 

 

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