Et votre série préférée en 2017 est…

Tout d’abord, merci. Un chouette merci à celles et ceux qui ont participé dans la bonne humeur et, aussi, la mauvaise foi à cette cérémonie des lecteurs. On m’a répété plusieurs fois que j’aurais du mettre un sondage en ligne plutôt que de me casser la tête avec toute cette liste soigneusement mise en page. Message reçu pour l’année prochaine, bande de cliqueurs forcenés, je tâcherais donc d’être plus en phase avec le XXIème siècle.

Alors que l’on se souhaite les traditionnels vœux d’usage pour cette année qui commence, force est de reconnaitre que 2017 fut un excellent cru…télévisuel du moins. Jugez plutôt: parmi la trentaine de séries répertoriées, et sur les trois semaines de réflexion que votre sélection a nécessité, il y eut tellement de productions de qualité que tout s’est joué dans les derniers mètres, c’est-à-dire à deux jours de l’échéance. Beaucoup d’entre vous ont donc choisi des séries différentes qui, du coup, se sont retrouvées avec seulement une voix. Parmi elles figurent des poids lourds de l’industrie télévisuelle bénéficiant, pour la totalité d’entre elles, d’une exposition critique et médiatique lui assurant la possibilité d’obtenir une place dans n’importe quel top 5 de n’importe laquelle des rédactions. Et pourtant Fargo, Dark, The Deuce, Le Bureau des Légendes ou, signe du destin, Game of Thrones – en dépit d’une saison jubilatoire mais qui s’achemine, déjà, vers sa conclusion – repartent bredouille. Dark ou Black-ish également, et cela ne confortera pas Thomas (ou plutôt si, le connaissant) qui la défend sur son Golb dès qu’il en a la possibilité. 2017 fut donc une très bonne année de découvertes avec, pour ma part, la confirmation que Netflix, entre deux annulations faussement tonitruantes (goodbye Sense8, hello Sense8), en implosant le concept de saison, allie parfaitement le divertissement populaire avec d’excellentes fictions; je pense à 13 reasons why, Godless, l’injustement méconnue F is for Family ou Mindhunter. Votre palmarès le confirme également puisque, sur les cinq grandes gagnantes, trois d’entre elles sont issues de l’écurie du provider américain.

Sans plus attendre…
commençons !

 

5) Atypical (Netflix, USA, 2017 – saison 1, 8 épisodes)

Tout cela, c’est de la faute de Game of Thrones. Tandis que le blockbuster d’HBO, enfin libéré de la tutelle de George R. Martin, déployait ses ailes en grandes pompes pyrotechniques d’une fulgurance visuelle hallucinante, j’avoue être passé complètement à côté de cette nouvelle production Netflix diffusée, il est vrai, en toute discrétion pendant l’été où il n’y en a quasiment eu que pour… Game of Thrones. Toutefois, je n’ai entendu que des louanges de la part de mes proches à son égard et la voir arriver ici me conforte dans l’idée que, oui, il est très agréable d’avoir aussi des lecteurs qui me font découvrir quelque chose. Et avec Jennifer Jason Leigh, Michael Rapaport et Keir Gilcrist (bien connu des téléspectateurs de United States of Tara), je comprends parfaitement votre message implicite quant à la rédaction d’un article sur la série pour cette nouvelle année. On verra, si vous êtes sages…

4) BoJack Horseman (Netflix, USA, 2017 – saison 4, 12 épisodes)

Vous avez été nombreux à plébisciter le retour du meilleur cheval de télévision qui existe depuis Tornado. Je suis bien content que BoJack Horseman, excellente et surprenante série, bénéficie d’une reconnaissance amplement méritée.

Suis-je le seul, toutefois, à faire la fine bouche devant cette quatrième saison qui ne démarre jamais, qui s’égare dans des arcs laborieux débouchant sur ce que l’on pressent depuis une bonne vingtaine d’épisodes (Diane et Mr Peanutbutter par exemple), légèrement répétitifs, pour ne pas dire carrément inutiles ? A mon sens, hormis deux ou trois scènes réussies, cette cuvée a manqué le tournant prometteur qu’amorçait une troisième saison bouleversante, hallucinante et assez culottée. Peut-être suis-je un poil trop sévère avec une œuvre dont j’attendais le retour de pied ferme, BoJack Horseman m’ayant habitué à mieux, mais comme il y a toujours des mécontents dans la remise des prix, autant que je sois l’unique à être de ceux-là.

3) Stranger Things 2 (Netflix, USA, 2017 – saison 2, 9 épisodes)

Surprise de 2016, le blockbuster automnal de 2017 a mis les petits plats dans les grands pour fêter son retour. Attendue de pied ferme, Stranger Things 2 a payé un peu trop cher son attente aux yeux d’une critique désabusée qui lui a réservé, à tort, un accueil mitigé. Le public ne s’y est pas trompé et, en revanche, lui a confirmé tout son amour et toute son affection.

Davantage une poursuite qu’une suite, la série menée par les frères Duffer a pris un essor conséquent, ne serait-ce que par un budget favorablement augmenté par Netflix (et, visuellement, il est clair que ça saute aux yeux). Tout en gardant cette esthétique des années 80, nocturne et scintillante, pleinement référentielle et parfaitement assumée, les frères Duffer ont continué avec entrain de développer leur récit d’aventures. L’intrigue, menée avec une cadence au parfait tempo, offre un écrin parfait aux enfants, tous fantastiques. Cette manière d’y aller, à fond, et d’avancer que l’aventure se trouve au coin de la rue, sans cynisme ni candeur, fait que cette saison, davantage que la précédente, est une superbe réussite doublée d’un vrai plaisir de spectateur.

2) The Leftovers (HBO, USA, 2017 – saison 3, 8 épisodes)

A l’époque, c’est-à-dire à peine sept mois de cela, Benjamin de Des séries et des hommes avait parfaitement résumé la situation: « The Leftovers s’est achevée le 4 juin dernier sur HBO dans une ferveur critique inversement proportionnelle à ses chiffres d’audience, qui auront rarement franchi la barre du million de spectateurs passée la saison 1. » Autant la conclusion de Lost avait suscité le courroux et l’indignation de la moitié de la planète, autant celle de la nouvelle série de Damon Lindelof, ici assisté de son camarade Tom Perrota, pour qui continuait de la regarder avec ferveur, s’est terminée par un adoubement si fort et si appuyé qu’il m’est apparu un poil forcé.

Si cette troisième et dernière saison fut une sorte de dernier grand huit scénaristique aux élans imprévisibles, elle demeure loin d’être la plus réussie; son dernier épisode n’étant, assurément, pas celui qui mériterait de récolter toutes les louanges. Elle n’est pas, et loin s’en faut, un échec artistique puisque, jusqu’à ses ultimes instants, elle a su surprendre par ses ruptures de ton, ses diversions, ses digressions, ses débordements et ses instants de grâce, offrant au spectateur fidèle un ultime tour de piste émotionnel. Il n’est pas impossible que des personnages comme ceux de Kevin Garvey, Nora ou Laurie (qui, pour le coup, est au cœur de l’épisode le plus bouleversant de la saison) soient devenus des protagonistes essentiels de la télévision contemporaine américaine, au même titre que ne le sont déjà la famille Fisher, Dale Cooper, les Soprano, la famille White ou, tiens, l’entièreté du casting de Lost. Des protagonistes qui, au-delà du terme de leurs trajectoires mouvementées et passionnantes, continuent et continueront longtemps de nous hanter.

1) The Handmaid’s Tale (Hulu, USA, 2017 – saison 1, 10 épisodes)

Est-ce vraiment une surprise ? Est-ce vraiment une surprise de voir l’adaptation télévisée du roman de Margaret Atwood trôner ici, à la première place, et fédérer autant de soutien ?

Oui et non. Oui parce qu’honnêtement, The Handmaid’s Tale est loin d’être une série accessible pour laquelle on s’installe avec l’optique d’enchaîner deux ou trois épisodes depuis son canapé préféré: le pilote, à lui seul, est une épreuve de force devant laquelle j’ai failli abdiquer. Oui parce que cela veut dire également que même le plus grand soutien médiatique n’assure pas forcément la possibilité à une œuvre exigeante d’être lue, vue ou entendue; preuve en est qu’une série telle que The Deuce, qui ne fait absolument rien pour ménager le spectateur, et qui connait une couverture presse élogieuse sur le seul nom de son créateur David Simon, s’incline ici respectueusement. Il y a toutefois, et c’en est à peine étonnant, une colère commune qui s’exprime au travers de ces deux œuvres qui arrivent à point nommé.

D’où le non du début. La place qu’occupe la série de Bruce Miller n’est pas due au hasard, ne serait-ce que parce qu’elle trouve une résonance artistique et politique en phase avec notre époque. Tout en étant, justement, intemporel dans ce qu’elle raconte. Non, la démocratie n’est pas un acquis. Oui, depuis la Nuit des Temps, il y a toujours eu une forme de résistance face aux régimes dictatoriaux. Ajoutez à cela l’énorme émoi qu’ont suscité les différentes affaires de harcèlement sexuel et vous comprendrez mieux, aussi, pourquoi une série telle que The Handmaid’s Tale possède une dimension symbolique extrêmement forte. Elle demeure aussi, et surtout, une œuvre de télévision très consciente que la télévision est sujette, elle aussi, à une forme de révolution. Je suis, en toute honnêteté, très fier que vous l’ayez choisie.

et une BONNE ANNÉE 2018 OF COURSE !

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