L'épisode où Séries This is us

This is us (2.13) – That’ll be the day

L’épisode où les Pearson auraient mieux fait de jeter leur Crock-Pot à la déchetterie du coin…

This is us est l’un des rendez-vous préférés de ma semaine.

Les Pearson sont des personnages que j’adore retrouver, quand bien même parfois il ne leur arrive pas grand-chose, ou que les bons sentiments qui animent la série de NBC débordent parfois du cadre de mon écran. J’aime la famille Pearson pour sa manière simple et joyeuse de donner une image positive, humble, altruiste et tolérante d’une Amérique en total contrepoint avec celle de Donald Trump. J’aime les Pearson parce qu’ils aspirent à être meilleurs, en dépit des railleries dues à notre éventuel silhouette, notre couleur de peau, nos obsessions, nos vices, nos failles secrètes ou nos rêves brisés. Et j’aime d’autant plus les Pearson depuis ce treizième épisode d’une densité narrative sans égale depuis, sans doute, son pilote.

(c) NBC/Ron Batzdorff

L’amour et l’affection que je porte à This is us mis à part, il faut reconnaitre que That’ll be the day fut un sacré épisode. Un excellent et surprenant épisode, d’autant plus surprenant lorsque l’on connait la destinée tragique qui touchera la famille. Beaucoup de choses s’y jouent, en sourdine, et beaucoup de lignes narratives s’y croisent et se joignent faisant de cet opus pivot, essentiel au vu de la saga familiale, un parfait entrelacs soignant tous les détails jusqu’au rebondissement final. Tandis que Randall, dans ses pérégrinations existentielles d’adulte, trouve enfin la voie de sa reconversion professionnelle (la réhabilitation de logements occupés par des gens fatigués, on les comprend, de se plaindre de l’insalubrité), That’ll be the day jongle avec trois timelines différentes: celle, faussement anodine du prologue (et qui nous percutera sur les dernières minutes), celle du présent donc, et celle où Kevin, Kate et Randall sont le point de quitter le nid pour aller rejoindre les bancs de l’université.

Dans ce contexte, Jack (Milo Ventimiglia, toujours juste) a décidé de réactiver son vieux rêve d’entreprise de construction. Histoire de fêter l’ensemble dignement le Superbowl, tradition familiale oblige, Jack met les petits plats dans les grands en réaménageant le salon et en construisant un meuble télé sur mesure. Il est touchant de voir ce père de famille lutter contre ses démons et se rabattre sur ses talents de menuisier tandis que, un à un, ses enfants sont déjà passés à d’autres problématiques. D’autres envies. D’autres souhaits que ceux de rester à la maison avec des parents contre lesquels, parfois, la colère est mal dirigée. Ils ont grandi, fatalement, sans que Becca et lui s’en aperçoivent. L’histoire de la vie, comme le dit la chanson. Ce soin de la construction et la symbolique ô combien tragique qui l’accompagne – et sur laquelle les détracteurs trouveront forcément à redire- est traitée avec beaucoup d’élégance. En superposition à cela, la manière dont, le temps d’une journée, Randall et Kevin tentent de reprendre comme flambeau à l’âge adulte complète dignement le portrait d’un personnage bienveillant sous tous les angles possibles.

Mais quand bien même on retrouve les « conflits » identiques à cette période narrative (le manque de confiance de Kate, compensé par un regard paternel amoureusement dévoué, l’impulsivité de Kevin, l’enthousiasme permanent de Randall pour les petites choses), le spectateur sait et sent qu’il se trouve à un tournant dramatique. Depuis le début de la série, on sait que Jack ne verra pas ses enfants vieillir. Que sa mort est fatalement liée à un accident domestique. Et les scénaristes parviennent à produire une tension diffuse, en liant un à un des moments d’une importance qui  se love dans une multitude de petits riens. Ce sont pourtant ces multitudes de petits riens (ces éclats de rire, cet instant volé à la caméra, cette réplique cinglante, ces mesures sur les murs de la taille des enfants, ce tissu rouge cachant un bijou, duveteux, offert à Becca et posé là près d’un appareil électrique défaillant) qui font la somme de ce foyer. Qui font, sans doute comme moi, que vous aimez les Pearson. Qui font que ces dernières minutes, magnifiées par la musique de The Cinematic Orchestra, suscitent chez nous, tristes témoins, une douleur émotionnelle terrassante.

*** This is us That’ll be the day, saison 2 épisode 13 (NBC, USA, 2017- en cours de production)

Épisode diffusé le 23 janvier 2018. Disponible sur myCanal.

Le site officiel de la série

2 comments on “This is us (2.13) – That’ll be the day

  1. vivrelivreoumourir

    Ah, cette série… Chaque semaine j’attends avec beaucoup d’impatience (et toujours un peu d’appréhension) le nouvel épisode. Et je ne suis jamais déçue ! Je les aime tous, même si bon, j’avoue que Randall me plait particulièrement, l’évolution de Kévin est vraiment bien foutue, bref, ils sont tous bien. J’ai mis un moment à séparer Mandy Moore de mon souvenir d’ado (… Le Temps d’un Automne…), mais je me fais joyeusement (non, ok je pleure à chaque épisode) mener par le bout du nez !

    J'aime

    • Je ne pleure pas à chaque fois mais je suis à chaque fois touché. A chaque fois, je me dis « Les salauds. C’est pourtant, et parfois, presque un tantinet too much dans l’émotion mais ils y arrivent. » Les acteurs aident énormément je pense.

      Je ne peux pas être objectif face à Mandy.
      Je veux dire…elle excelle parfaitement dans son rôle de Becca et, en plus, elle est belle à tomber 😉
      Randall, je suis fan de l’acteur avant tout. Dans American Crime Story, il est juste parfait.
      Kevin, je suis en réelle attente de ce qui va suivre. Je pense que c’est clairement SA saison.

      La série a beaucoup teasé sur le contexte de la mort de Jack – un peu trop d’ailleurs, j’ai trouvé que le suivant à That’ll be the day était atteint du syndrome du Soufflé au fromage (ça gonfle, ça gonfle, ça gonfle et, hop, en dehors du four, ça déballonne sévère)- mais elle reste d’une bonne tenue et portée par une réelle affection pour ses personnages.

      Aimé par 1 personne

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