Atlanta L'épisode où Séries

Atlanta robbin’ season (2.1)- Alligator man

L’épisode où Earn tente de s’assurer que tout va bien (pour le season premiere et de manière générale) …

Dire que j’attendais la nouvelle saison d’Atlanta de pied ferme aurait été mentir. Mais j’étais curieux. Curieux de voir si la dramédie de Donald Glover allait évoluer, se dépatouiller de mon sentiment d’inabouti ou si elle allait continuer sur ses habitudes, c’est-à-dire sur une lancée un peu traine la patte, faisant penser que sa notion de surplace était voulue, pensée, conçue comme telle, et due au fait que, justement, les personnages dont elle met en scène le quotidien font eux-mêmes du surplace, faute de savoir précisément quoi faire d’autre. Reprenons pour celles et ceux qui seraient passés à côté de la série deux fois récompensées aux Emmy Awards : Atlanta se passe (vous l’avez deviné) à Atlanta et raconte les tribulations d’Earn (Donald Glover, barbe parfaite, présence impeccable et à droite sur la photo ci-dessus) qui essaye, en compagnie de l’ubuesque Darius (Keith Stanfield, magistral, tout en impeccables couleurs et à gauche sur la photo ci-dessus) de manager tant bien que mal son cousin Alfred, alias Paper Boi, dans le milieu du rap. C’est une belle figure que celle de Earn, forme de constante (Earn, ou earnest peut se traduire aussi bien par sérieux que sincère) et de caution morale au sein de cet océan de désillusion et de routine morose. Peut-être la plus attachante, avec cette incarnation du détachement qu’est Darius, et l’une des raisons pour lesquelles j’ai repris un ticket en partance pour la Géorgie. Sans réel domicile fixe, sans revenus réguliers depuis qu’il a quitté la prestigieuse école de Princeton, ce jeune père de famille survit comme il peut entre deux rencontres/situations surréalistes au milieu d’une ville totalement laissée à l’abandon, et où ne prospère que la paupérisation.

-Darius : C’est la saison des braquages. Noel approche. Tout le monde doit manger.
-Earn : Ou être mangé.

(c) FX

Je n’attendais pas la deuxième saison d’Atlanta de pied ferme et voilà que la série me surprend dès son prologue.

Comme le feraient habituellement Darius et Paper Boi devant la télévision, c’est-à-dire tuer le temps par les jeux vidéos entre deux conversations, on y voit deux inconnus flemmarder. Ayant eu vent d’un drive-in où l’un des serveurs inclut un peu d’herbe dans l’un des menus de fast food, les deux individus décident d’aller faire un tour au lieu-dit…et le braquent. S’en suit une scène de fusillade d’autant plus hallucinante qu’elle surgit de nulle part ; la série nous ayant habitué à une forme d’indolence caractérisant à peu près tous les agissements des personnages. Plan séquence halluciné, caméra serrée, grands angles, la (re)mise en scène remet les pendules à l’heure avec un sacré sens de l’envergure. Ne nous emballons pas pour autant: le pilote d’Atlanta fonctionnait un tantinet de la même manière, avec une situation in medias res, qui mettait le spectateur au cœur d’une altercation nocturne se soldant par un coup de feu. La seule nuance est qu’ici, le braquage s’effectue en plein jour et se solde par un douloureux cri de désespoir qui laisse augurer une tragédie de grande envergure.

L’importance d’être Earn… Donald Glover/(c) FX Networks

Si la réalisation d’Hiro Murai ainsi que l’écriture absurde parfois ébouriffante de Donald Glover demeurent les points forts, et incontestables, des moments de réussite dont Atlanta peut se vanter, il manquait un petit quelque chose…oui, d’envergure à Atlanta saison une. On sentait bien une envie nette, louable, de se démarquer des comédies narcissiques et autocentrées diffusées sur FX (Louie CK, Master of None, Better Things…), de prendre les ressorts dramaturgiques d’un Samuel Beckett pour essayer de lever le voile sur une Amérique méconnue et pourtant là, bel et bien là, tentant tant bien que mal de tirer jusqu’au bout d’une semaine fichtrement longue. Mais le tout était totalement déséquilibré: balbutiant, tantôt caricatural tantôt brillant. Faire une série sur un trio de blacks flegmatiques, pourquoi pas… mais pourquoi, aussi ? Pour dire quoi?

Alligator man donne là un élément de réponse, en équilibrant parfaitement son récit (court, rappelons que la série opère dans un format de vingt-cinq minutes à une demi-heure) et, surtout, en s’appuyant sur ses atouts: un postulat banal, lui-même débouchant sur une problématique explosive dont la tension est contenu dans un décor réduit. C’est précisément lorsqu’elle s’éloigne des coulisses du milieu rap que la création de Glover séduit et fascine pour son étrangeté. Car c’est dans ces moments là qu’elle évoque le mieux ce qu’elle veut probablement raconter depuis ses débuts: survivre une journée de plus au coeur d’une ville qui meurt à petit feu.

(c) FX

*** Atlanta (robbin’ season) Alligator man, saison 2 épisode 1 (FX, USA, 2018- en cours de production)

Épisode diffusé le 1 mars 2018. Disponible sur myCanal.

2 comments on “Atlanta robbin’ season (2.1)- Alligator man

  1. Je n’attendais pas tant que ça ka saison 2 . Mais faite de n’avoir rien à regarder j’ai commencé la saison 2. Résultat pour l’instant les deux premiers épisodes sont juste trop cool . Perso j’aime vraiment l’ambiance de cette série . Mon seul problème de la saison 1 était que earn se plaint trop

    Aimé par 1 personne

    • En même temps, il a toutes les raisons pour se plaindre. Mais y avait quelque chose qui restait en surface, voire un ou deux épisodes assez dispensables – ce qui, sur une saison de dix et avec un format court, livrait un sentiment d’inachevé.

      Mais, je ne sais pas, là ça fonctionne.
      Bien.
      Les deux premiers épisodes sont en effet diablement réussis. Pas cools mais plutôt nonchalamment cools 😉 Le fait d’avoir eu une intersaison d’un an et demi joue sûrement. A voir sur la durée…

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