L'épisode où Séries The Americans

The Americans (6.3) – Urban Transport Planning

L’épisode où Philip aurait carrément dû reprendre une bouchée de jarkoïé…

Il devient de plus en plus difficile de reconnaitre l’Elizabeth que l’on a tant aimé autrefois. Celle des débuts. Celle d’ensuite aussi, évidemment, c’est-à-dire celle qui, en dépit de la difficulté et de l’extrême pénibilité récurrente de son travail, était épaulée par son mari. Celle qui parvenait tout de même à lui sourire lorsque ce dernier témoignait à son égard, par touches tacites, discrètes voire complètement franches, de son amour fort à son égard.

Dans ce troisième épisode, en regardant Keri Russell exceller une fois de plus dans son rôle, je n’ai cessé de me faire cette remarque envers ce personnage que je continue d’aimer malgré tout, et encore plus maintenant qu’elle se désincarne sous nos yeux de semaine en semaine. On savait Elizabeth d’une extrême fermeté et capable d’être particulièrement froide dans ses propos ; j’ai le souvenir d’une scène où, dans la cuisine des Jennings, elle impressionnait par la dureté soudaine de ses propos envers Paige, lorsque sa fille avait révélé au Pasteur Tim le terrible secret familial qui liait ses deux parents. Elizabeth tombait le masque et laissait des traits glaçants de sa personnalité prendre possession de tout son visage. Une image à mille lieux de celle de la mère protectrice et attendrissante qu’elle avait confectionnée. On savait Elizabeth capable d’exécuter quelqu’un de sang-froid mais on ne se doutait pas (ou, du moins, on ne voulait pas le voir) qu’elle puisse faire preuve de la même attitude envers ses proches. C’en est flagrant dès la toute première scène lorsqu’elle recadre violemment sa fille devant un Philip faussement dégagé de toute responsabilité : « Tu étais censée faire ce que l’on t’a dit de faire. » On a beau être d’accord avec Elizabeth sur ce coup (Paige jouant inconsciemment à l’apprentie espionne depuis le début de cette saison), la scène met presque mal à l’aise tant cette part peu attrayante surgit une fois de plus; Elizabeth refusant catégoriquement de faire preuve de compassion envers quelqu’un, fut-ce sa fille, qui aurait pu saborder davantage l’échec de la mission de l’épisode précédent.

Philip: Les choses changent en URSS. Le pays s’ouvre. Il n’y a pas que la politique mais les jeunes, la musique…c’est différent. Ils parlent même d’ouvrir un Pizza Hut à Moscou.
Elizabeth: Ils veulent qu’on soit comme eux. Je ne veux pas que l’on devienne comme eux. Et les gens du pays non plus.
Philip: Tu ne parles à personne qui vit chez nous depuis vingt ans.
Elizabeth: Toi aussi.

Comme je le stipulais lors de mon dernier billet, Elizabeth ne se pose aucune question éthique sur la moralité de son engagement. Dans le cadre de son travail, elle suit les règles et les consignes de ce qu’on lui demande d’accomplir. Sans ignorer, oublier ou dénigrer – au contraire de Philip- les raisons premières qui l’ont amenées aux États-Unis. C’est une patriote qui, pourtant, et paradoxalement, n’est plus en relation avec sa nation depuis longtemps mais qui refuse de le percevoir ainsi. Et de fait de s’intégrer d’une quelconque façon. Ce qu’elle accomplit (désormais seule) ne peut être l’objet d’une remise en question, même pacifique, puisqu’elle a construit sa vie entière sur ce dévouement.

Dans cet épisode au titre fortement évocateur, où les trajectoires divergent d’une manière plus prononcée, l’éloignement des Jennings grignote encore un peu plus de terrain. Pendant qu’il se rapproche d’Henry qui devient une star du hockey, Philip lit et tente de mettre en principes les préceptes de Napoleon Hill, chantre du marketing et de l’entreprenariat à l’américaine. Quant à Elizabeth, elle retourne aux sources: elle ouvre sa fille à tout un pan de la culture russe (la gastronomie, la musique, le cinéma) dans le but certain de la sensibiliser davantage à son combat. La scène où elle rapporte les restes de ce fameux ragout russe à son mari apparait tellement comme un test qu’elle en devient presque cruelle *. Cette scène n’en demeure pas moins un écho où, au détour d’un rendez-vous situé en plein cimetière et où le froid se fait sentir au-delà de l’écran, Elizabeth avoue au père Andrei: « Chacun vit sa vie dorénavant. » Tout est dit. Tout est là. Et la symbolique, une fois de plus, de se lire telle quelle entre les pierres tombales.

*: Je parle de la scène, pas Elizabeth. Encore que…

Des choses en vrac et en plus que j’ai beaucoup apprécié :

– Les retrouvailles entre Stan et Oleg. Ces deux personnages, probablement irréconciliables, n’ont pourtant plus rien à se dire ni à partager (si ce n’est une loyauté sans failles) mais les voir ensemble était nécessaire. Comme une sorte de piqure de rappel au spectateur pour nous avertir que la hache de guerre ne sera jamais véritablement enterrée.
-Cette semaine, pour la clôture de l’épisode, nous avons eu le droit à Leonard Cohen, du temps où l’on pouvait encore arriver à écouter ce qu’il chantait, et pas des moindres: Dance me to the end of love. Là encore, le titre parle de lui-même.
-Elizabeth en est à son troisième homicide en trois semaines. On lance un hashtag ou quoi ? Ou un jeu d’alcool ? Ou les deux, c’est comme vous voulez ^^

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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