L'épisode où Séries The Americans

The Americans (6.9) Jennings, Elizabeth

L’épisode où Philip pique un sprint à ruiner le meilleur temps de Forrest Gump…

Cette série va me manquer. Il est fort probable que j’utilise la même introduction la semaine prochaine mais, vraiment, cette série va me manquer. Il ne reste qu’un seul et unique épisode avant The Americans remise ses postiches au vestiaire et, quand bien même on pourrait excuser, ou comprendre, que les scénaristes aient l’envie de ralentir le tempo pour garder le feu d’artifice en vue du grand final, il n’en n’est rien. Rien. Tout, pourtant, dans ce pénultième épisode s’enchaine doucement. Avec une docilité d’exécution presque étrange, comme si cet Jennings, Elizabeth n’était qu’un opus de transition. Et pourtant, ce rythme à contretemps, ce slowburn pour reprendre le jargon des critiques anglo-saxons, est une parfaite montée en puissance avant la panique des dernières minutes. La panique, la précipitation, tous ces sentiments et ces actions qui ne se bousculent précisément parce que l’on réalise que quelque chose de dangereux vient briser spontanément la routine. Ou que l’on est pris au piège d’un traquenard qu’on était loin d’anticiper. En témoigne cette scène annonciatrice où Stan se décide enfin d’interroger sa base de données informatiques au sujet de ses deux voisins qu’il soupçonne enfin : on en vient presque à ce que cet ordinateur, vieux de trois décennies, affiche quelque chose d’autre que le néant sur son écran. Autre chose qui puisse raviser les soupçons de plus en plus tenaces d’un Stan désormais prisonnier de son intuition. Et de sa position : l’agent Beeman n’ayant présentement aucune preuve tangible quant à la double identité des Jennings, si jamais la supercherie est dévoilée, il y a de fortes chances pour que cela lui retombe sur le pif. Telle est, dans les deux cas, l’indélicate position sur laquelle START, le series finale, statuera sans doute. Et il y a fort à parier que Renee, totalement absente de cet épisode d’ailleurs, jouera un rôle qui mettra au clair toutes les spéculations que l’on peut lire à son sujet.

J’ai dû me battre, toujours, pour tout. Les gens mourraient autour de moi. Si je pouvais tout donner pour la survie de mon pays, pour que cela n’arrive plus, je l’aurais fait avec joie. On était fiers de faire tout ce qu’on pouvait. Le sexe ? Qu’est-ce que c’est ? On s’en foutait.
Elizabeth

« Claudia. Je suis venue te dire que je m’en vais » (c) FX

Mais revenons à Elizabeth puisque c’est elle dont il est majoritairement question. Dans The Summit (6.8), réalisant que sa loyauté envers le Centre avait été manipulée à mauvais escient, Elizabeth prenait la décision d’aller contre les ordres qu’elle avait toujours aveuglément suivi jusqu’alors. Engagée, convaincue, mais trahie, elle prenait alors la décision inédite de faire cavalier seul, quitte à se mettre à dos le Centre tout entier. C’est bel et bien ce qui arrive là, dans ce neuvième épisode, dans lequel elle surveille Nesterenko, la précédente cible qu’on lui avait assignée. Je ne vais pas revenir sur le revirement d’Elizabeth et les raisons qui l’ont poussées à raisonner (ENFIN) d’elle-même parce que, quelque part, cela n’en est pas vraiment un. Les assassinats, la manipulation, l’utilisation du sexe donc…pour Elizabeth, tout procédé est justifiable tant que la cause est juste. Elle est toujours convaincue d’avoir bien agi et d’avoir appliqué le protocole en bonne et due forme.

Sauf que. Sauf que le spectateur sait quelle nature se cache derrière cette personne grimée en permanence et dont le patronyme même n’est que chimère. Une chose, cependant, est certaine: cette sixième saison n’aura nullement ménagée la personnalité complexe, fuligineuse, qui hante et habite ce corps où l’âme et la conscience se sont tapies ou enfuies au loin ; la terrible scène de confrontation entre Paige et une mère obstinément obtuse à la réalité des sentiments qu’elle écrase au nom d’un idéal en est la preuve supplémentaire. Elizabeth est une arme : une personne tellement dévouée au nom de la cause qu’elle défend que son nom même fait partie de son engagement. Le choix scénaristique d’avoir placé le personnage dans une situation toute aussi conflictuelle que celle de Stan est l’occasion d’observer, encore et une dernière fois sans doute, une œuvre (car Elizabeth en est une quelque part) surprenante jusqu’au bout.

Si Elizabeth passe le plus clair de son temps à patienter entre deux cigarettes qu’un alter ego pointe le bout de son nez, Joel Fields et Joe Weisberg en profitent pour y apposer un flashback de circonstance, fermant une forme de boucle avec le cursus professionnel du personnage. On y suit une jeune Elizabeth effectuer une mission de routine en pleine Russie et croiser, à un carrefour, un camarade blessé, gisant à terre des suites d’un accident. Il n’y a personne d’autre qu’elle dans cette rue. Le dilemme est le suivant: secourir l’accidenté (prendre le risque d’être découverte mais se comporter en être humain) ou suivre son chemin et mener à bien la mission qui lui était confiée. Pour avoir choisi la seconde option, Elizabeth sera réprimandée pour ne pas avoir porté secours « à un camarade. » Tout était déjà là et Elizabeth, pourtant, avait l’excuse de sa jeunesse. La voir enchainer les cigarettes et réaliser que, sans doute, sa carrière – sa vie- s’est jouée à cet instant, le tout sans mot dire, vaut tous les discours…

Des choses en vrac et en plus que j’ai beaucoup apprécié :

– Ce sprint !
– Le petit coup de téléphone au Pasteur Tim. Avouez que, vous aussi, pendant un moment (et cela aurait été tout à fait légitime et censé) que l’homme d’église à la chevelure blonde étrange allait cracher le morceau. Mais non, il faut croire que de blond à blond, on ne confie pas de secrets comme de druide à druide.
– L’incroyable scène entre Stan et Oleg. Tout le conflit, ou l’absurdité de ce dernier, y est synthétisé par un échange implacable. On retrouve le caractère logiquement patriotique de Stan qui, face à un Oleg qui se fiche désormais complètement de ce critère, lui parle enfin comme s’il était un idiot. Et on a beau aimer Stan pour sa droiture morale, sur ce coup-là il en est un. D’idiot.
– Ce sprint ! (Running gag) Bon Dieu, c’était juste dément de voir Philip à deux doigts de se faire pincer. Excellente mise en scène au passage.
– Elizabeth, qui n’oublie pas de prendre les deux alliances. Quelque part, je ne peux m’empêcher de penser que ce sont ces deux petits anneaux ronds qui vont causer leur perte.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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