Les Indestructibles 2 – Tout bonnement incroyable

Winston Deavor, une bonne âme fortunée, décide avec l’aide de sa soeur de remettre les Supers à l’honneur. Personne n’étant réellement le témoin des prouesses et des exploits surhumains dont font preuve les Supers pour aider leurs prochains, Deavor a une idée toute simple: permettre aux héros en costume d’utiliser la haute technologie de son entreprise en télécommunication afin que le public puisse suivre leurs hauts faits…et réaliser leur réelle utilité dans la société. Tandis qu’Elastigirl est choisie pour redorer le blason des Supers auprès des citoyens, Bob, en attendant la réhabilitation, reste à domicile pour s’occuper des enfants…

Lorsqu’arrivent Les Indestructibles (*) sur nos écrans, nous sommes en 2004 et les films de super-héros n’envahissent encore tous nos cinémas. Avec Superman (Richard Donner, 1978) et Batman (Tim Burton, 1989) dans le rétro, les studios commencent tout juste à miser sur eux. Mieux: pour leur assurer une forme de caution artistique, ce sont des réalisateurs issus du cinéma indépendant qui sont chargés d’assurer la transition entre la case et le grand écran. Parmi eux ? Sam Raimi (Spider-Man, 2002), Ang Lee (Hulk, 2003) ou encore Bryan Synger (The X-Men 1 & 2) pour ne citer qu’eux. Quatorze ans plus tard ? Quatorze ans plus tard, eh bien… vous le savez aussi mieux que moi. Des films de super-héros ? Hollywood ne propose désormais que cela, et tout son business plan repose sur des personnages en costume voulant sauver le monde pour les prochaines décennies à venir. Là où le premier volet des Indestructibles partait du postulat que les super-héros étaient mis au ban, voilà donc que, quatorze années plus tard, en pleine prolifération- que dis-je saturation- d’adaptations, de suites et de reboots spinoffés, Brad Bird ressort du placard la famille Parr en leur offrant une suite.

D’ordinaire, on serait en droit de se dire que le timing ne pouvait tomber plus mal. Que l’on n’avait pas besoin d’un autre film avec d’autres super-héros. Eh bien vous savez quoi ? Le timing, justement, ne pouvait être plus parfait. Parce que les Parr ne sont pas comme les autres, ils ne sont pas non plus des super-héros anodins. Et, surtout, ils n’ont rien en commun -si ce n’est, peut-être, le même terrain de jeu- avec l’armada avec laquelle l’écurie Marvel nous assomme depuis des lustres.

« Bon, les gars, la télé-réalité vous en pensez quoi ? »(c) Disney/Pixar

Le timing. Le timing. Même dans ses moments de relâchement, Les Indestructibles 2 ne connait aucun temps mort et promène son intrigue bon train avec une intelligence folle. Paradoxalement, il n’y a guère de surprises ou même de rebondissements qui vous feraient décrocher la mâchoire ou tomber du haut de votre siège (on devine assez rapidement qui peut être le vilain de ce deuxième volet). Mais qu’importe ! À l’image de son héroïne Elastigirl, le film de Brad Bird se déploie avec une agilité, une audace et une souplesse tout bonnement ébouriffantes. On pourrait craindre la surenchère ou la pesanteur, propre au cahier des charges de n’importe laquelle des suites hollywoodiennes actuelles, et pourtant on n’a rarement vu une aussi grosse machine se déployer avec une pareille légèreté. Tout, de A à Z, est un enchantement exécuté avec un panache et une finesse qui cloueraient le bec même au plus irascible des critiques convaincus.

Vous vouliez de la comédie ? Jack-Jack à lui seul est une source inépuisable de gags merveilleux. Des scènes d’actions ? Honnêtement, celles qui parsèment le film amènent tous les Dwayne Johnson du monde à se rhabiller. Être ébloui et en avoir pour votre argent ? Les Indestructibles 2, au cœur d’une mise en scène inventive comme jamais, déroule une armada de décors et de couleurs qui piochent dans notre imaginaire avec une gourmandise incroyable. Ce faisant, le film se pare même au passage d’un double discours sur la pénibilité et l’endurance de l’éducation, la parité et notre rapport ambigus aux médias. Bref, ce que Brad Bird et son équipe artistique accomplissent à l’écran est prodigieux. Proprement prodigieux. À tous les instants. Et lorsqu’arrive le générique, il vous est difficile de réaliser qu’il est, déjà, l’heure de quitter la salle pour retourner à la réalité du monde. En redonnant du poil à la bête Pixar qui ronronnait depuis quelques productions déjà, Les Indestructibles 2 se regarde comme une ode exaltante au grand spectacle, un objet de ravissement total dans lequel il est délicieux de s’aventurer.

***** Les Indestructibles 2 (Incredibles 2, USA, 2018.)

Film d’animation écrit et réalisé par Brad Bird. Avec les voix de Craig T. Nelson (Robert Parr / Mr. Indestructible), Holly Hunter (Helen Parr / Elastigirl), Sarah Vowell (Violet Parr), Huck Milner (Dashiell « Dash » Parr / Flèche) et Samuel L. Jackson (Lucius Best / Frozone).

En salles depuis le 4 juillet 2018.

(*) Sérieusement les gens, à quel point c’est difficile de traduire The Incredibles par Les Incroyables ?

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