Dawson (4.08)- The Unusual Suspects

L’épisode où la farce est de faire croire que l’on n’a pas fait la farce…

Le lycée de Capeside, au petit matin. Tout parait normal au milieu de ces couloirs où tout le monde marche à petits pas en tentant d’éloigner le sommeil. Tout ? Non, un élève rompt cette morne quiétude en haletant : apparemment, il faut absolument aller à la piscine de l’établissement. En effet, une fois là-bas, les élèves découvrent, avec étonnement et stupeur, le bateau du proviseur flottant avec son chien à la barre au beau milieu du grand bassin. Passée la surprise de la farce, le proviseur – et Mitch, le pôpa de Dawson- convoque ses suspects dans son bureau dans le but d’y trouver le coupable…

Si Dawson n’a jamais eu à rougir de son penchant pour le sentimentalisme ou le romantisme de bon aloi, la série créée par Kevin Williamson n’a également jamais caché son attrait pour les références culturelles et son talent pour s’amuser avec elles. Depuis ses débuts, en plus de s’inspirer ouvertement des screwball comedies ou d’ériger son héros principal en une véritable encyclopédie vivante du septième art, Dawson a donc ponctué son run d’hommages aux classiques du cinéma contemporain (Le Lauréat, Halloween, Le Projet Blair Witch…) parfois appuyés, souvent réussis. The Unusual Suspects est de la veine de ces segments clin d’œil, et demeure sans aucun doute celui qui tire le mieux son épingle du jeu. Célébration évidente du classique qui intronisa Bryan Singer dans les années 90, whodunnit révérencieux, l’épisode va même jusqu’à reprendre une partie de la forme narrative de ce dernier mais déjoue le piège de l’amusement anecdotique en gardant la main sur le récit principal.

« O capitaine, mon capitaine… ». Ou à peu de chose près lorsque l’on est un chien qui n’a rien demandé, et encore moins passer la nuit sur un bateau. Dawson’s Creek, The Unusual Suspects (c) WB/Columbia/ Sony

à ce stade de la série, ce sur quoi le spectateur féru des tribulations des adolescents de Capeside se questionne est évidemment de savoir comment l’amitié tourmentée entre Dawson et Pacey (…) va évoluer.

En effet, hormis une intrigue plutôt convenue autour de Jack (Kerr Russell) et son activité de coach, l’épisode – qui joue au va-et-vient entre les différents suspects (Pacey, Dawson et Jack donc)- s’amuse à recoller les morceaux des différentes trajectoires des personnages lors de la journée précédente. L’arc le plus intéressant à suivre est celui de Dawson, qui doit aider un vieil homme acariâtre par pure obligation et découvre, dans la foulée de cette journée, que le vieil homme en question aspirait à devenir réalisateur à Hollywood…On en saura, plus tard, les raisons, et cet épisode amorce le début de la relation entre le jeune adolescent et le vieux misanthrope.

Joey, surprenant les deux camarades en flagrant délit d’obstruction de preuves…

C’est là que The Unusual Suspects replace malicieusement les enjeux au centre de la table: au-delà du pastiche incarné par l’interrogatoire, à ce stade de la série, ce sur quoi le spectateur féru des tribulations des adolescents de Capeside se questionne est évidemment de savoir comment l’amitié tourmentée entre Dawson et Pacey, mise à mal par le choix de Joey, va évoluer. Or, dans l’épisode, ce qui fait le sel potentiel de la culpabilité de Pacey et Dawson est la résurgence d’un certain pacte passé entre les deux larrons à la fin du collège; pacte qui établissait qu’à eux deux les camarades de toujours signeraient l’ultime farce une fois arrivés en terminale. On ne dévoilera pas comment le trio se débrouille pour jouer un tour bien ficelé au pendard de la saison (Drue Valentine, délicieusement détestable). On se contentera de rappeler que l’épisode se distingue donc in fine par ce que représente sa résolution même, pleine de tendresse et de camaraderie. Cette résolution, qui ramène la complicité d’enfance entre Dawson et Pacey, incite à penser que la fiction est l’ultime terrain d’entente et de réconciliation face aux rancœurs du passé.

Des choses en vrac et en plus :

– A l’instar du personnage joué par Chazz Palminteri, le proviseur Peskin use de la fameuse réplique clé lancée lors de l’interrogatoire avec Verbal: « Convice me. »

– Oui, oui, nostalgique de la « Trilogie du samedi », Harve Presnell, l’acariâtre M.Brooks, est le même acteur qui joue le père de Mlle Parker dans Le Caméléon.

– Cet épisode est réalisé par James Whitmore Jr, un sacré vétéran de la télévision américaine (Code Quantum, Magnum, Buffy, The Good Wife, Le Caméléon) et scénarisé par Jon Kasdan (LE fils de Lawrence Kasdan). Du beau monde pour un chouette épisode.

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